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A Batiste, mon fils né sans vie, ma lumière...


Elle est arrivée... Par la petite porte sans faire de bruit... Qui ? me direz-vous...
Voilà qu'elle s'est doucement nichée sans se faire remarquer, au moment où je ne l'espérait plus, au moment où je ne l'attendait pas....
Maëlle a illuminé ma vie
le 13 décembre 2006 à 4H20
Un ange a veillé
Une merveille est arrivée
Nous sommes le 4 décembre 2007 et aujourd'hui je viens de faire une chose que je ne pensais pas pouvoir accomplir un jour... J'ai fait euthanasié mon chien.
Cette petite boule de poil achetée un jour d'octobre 2005 en état de détresse absolue est morte aujourd'hui sur la table d'un vétérinaire. J'étais là, tout près, je l'ai vu tomber lentement après la piqûre, ses yeux ouverts, le souffle qui ralentit... Je l'ai caresser tout le long, j'espère du fond du coeur qu'il a sentit ma main, qu'il a vu que je l'aimais et qu'il a compris que si j'avais voulu qu'il parte aujourd'hui c'était pour son bien.
Argos a été acheté une vingtaine de jour apres la décès de Batiste. Je voulais depuis quelques temps un chien et avec l'achat de la maison, les conditions étaient réunies. La perte de mon fils avait creusé un immense gouffre dans mon coeur et j'avais besoin de donner de l'amour... Adopter un chiot me semblait, à l'époque, une façon de renaître, de me montrer que je pouvais prendre soin de quelqu'un...
Je me rappelle du jour où le vendeur me l'a mis dans les bras, du trajet dans la voiture jusqu'à la maison. Arrivé là bas il se cachait sous la desserte... Les premiers temps il dormait sur les cartons de déménagement entassés sur la terrasse.
Rapidement il s'est familiarisé... Je me rappelle de ses efforts démesurés pour essayer de grimper sur la canapé d'une hauteur inaccessible pour lui: il se heurtait au canapé et rententait sa chance jusqu'à ce que je le prenne sur mes genoux.
Il aura tout pris, toute ma peine, tous mes pleurs durant ce long congé maternité. Il aura été mon compagnon, ma bouée de sauvetage, mon bébé... Oui j'ai voulu remplacer mon fils, j'ai fait un transfert. Ce n'est que plus tard que je m'en suis rendue compte mais il était déjà trop tard. Je ne sais pas si j'en suis vraiment responsable, mais Argos fut un chien craintif, peureux, ne supportant pas de me voir mal, de me voir pleurer. Une véritable éponge mon cocker.
Bien sur comme tous les chiots il a fait son lot de bêtises: manger les coins de mur, les meubles, désobéir... Rapidement il se montrait particulièrement soucieux de sa nourriture et il developpa vite des comportements agressifs. Sa gamelle c'était chasse gardée. Sans aucuns doutes, je n'ai pas poser les limites assez tôt. Il était chiot je ne me suis pas inquiétée. Je sais aujourd'hui que j'aurais dû avoir recours à un professionnel dès les premiers mois. Je n'avais pas assez de connaissance sur les chiens.
Lorsque je suis tombée enceinte de Maëlle, Argos me préoccupait beaucoup. J'ai louer les services d'une comportementaliste qui nous a beaucoup aider. Avec quelques conseils et de longues promenades, Argos s'est vite calmé et l'arrivée de Maëlle s'est faite sans soucis particuliers. Je ne sais pas vraiment quand les choses ont dégénérées. Sans doute avec la séparation, me retrouvant seule dans la maison avec ma fille, son père partit, je ne pouvais trouver du temps pour tout et Argos n'était pas sortit regulièrement. Heureusement le jardin aidait.
Début juin je déménage. Et j'avais convenu avec le père de ma fille qu'il allait alors revenir dans la maison et s'occuper d'Argos le temps de trouver une solution. Le jour de mon déménagement lorsque j'évoque Argos, il me renvoie " Je ne reviendrais pas dans la maison, que veux tu que j'y fasse? Je vais pas rester pour le chien!". Me voilà donc avec le chien. Je n'ai bien sur pas le coeur de l'abandonner et je le garde avec moi. Il enménage donc dans mon appartement et nous trouvons rapidement un équilibre. Bien sur il a beaucoup moins de place, mais il y a un balcon et je trouve le temps de le sortir matin et soir lorsque Maëlle dort.
Les mois passent, mais Argos reste toujours craintif et parfois agressif. Il m'a déjà écorché du fait de maladresses. Mais en septembre je suis mordue. Il est près de la poubelle je lève le pied, il se croit agressé et réplique. Malgré tout ca je le garde. M'en séparer est un crève coeur...
Mon actuel compagnon arrive dans ma vie et Argos voit en lui un rivale. Il multiplie les bêtises et je commence à penser à le faire adopter. J'appelle un refuge en octobre. Il me disent de rappeler dans une semaine, qu'il n'y a pas de place. Je ne trouve pas la force de rappeller.
Mais voilà dimanche, Argos m'a encore mordue et cette fois c'est trop grave, j'ai peur. Le soir même il veut s'attaquer à mon compagnon qui éteint seulement mon halogène... On en discute. Il me permet de prendre enfin une décision. Il appelle pour moi la SPA qui nous renvoie chez notre vétrinaire: Argos a mordu, il n'est pas adoptable. Il n'y a qu'une seule alternative, l'euthanasie...
Le matin même, il me grogne encore dessus. Il ira chez le vétérinaire avec une muselière, j'ai trop peur. J'essaye de ne pas trop le regarder. Il va se coucher dans son panier, j'ai mal au coeur... Je sais ce qui va se passer mais je pense qu'il le sait aussi: il ne finira pas sa gamelle. La seule fois où il ne l'a pas finit c'est lorsque je lui ai donner son premier repas.
J'avais besoin d'en parler, besoin de raconter. Je me sens coupable, j'ai de la peine pour cette petite bête qui, me semble-t-il, aura fait les frais de ma détresse immense. Mais je peux aussi me consoler: j'ai fait ce qui était bon pour lui, il n'y avait pas d'autres alternatives. Je ne l'ai pas abandonner. Il aura aussi fait les frais d'un homme lâche qui, après avoir quitter sa femme et laisser sa fille, aura laisser un chien qu'il savait "limite" sans aucuns remords. Car au moment de la séparation il m'aura renvoyer: "C'est ton chien, c'est toi qui l'a voulu!" Belle preuve d'humanité!
En effet je me serais occuper de mon chien sans m'enfuir, je l'aurais accompagner jusqu'à la mort. J'espère seulement qu'il a sentit mon amour... Car je l'aime mon chien...
Argos je n'aurais certainement pas été la meilleure des maîtresses, j'ai fait, en effet, beaucoup d'erreurs, mais je t'ai toujours aimer. Ton carnet de santé est allé rejoindre les affaires de mon fils car tu m'auras aider à passer des moments difficiles de ma vie. Je t'en suis reconnaissante. J'espère que tu le sais.
Tu seras toujours dans mon coeur...
Ce site est le journal de mon deuil.

A travers notre expérience, je souhaite aider les parents qui traversent, tout comme nous, cette douloureuse épreuve qu'est le deuil périnatal (décès in utéro, Interruption Médicale de Grossesse, Mort Subite du Nourisson ou autres...).
C'est aussi pour cela que je publierais également des informations juridiques, des liens divers vers des associations, des vidéos ou des articles intéressants.
La joie et l'espoir ont également leurs places ici car Batiste l'aurait voulu.
Toute suggestion est la bienvenue.
h.marielle4@voila.fr
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