La joie d'être propriétaire
Au mois de mai, enceinte de 5 mois, nous nous sommes enfin lancés! Locataires depuis 4 ans, il fallait sauter le pas et décider de devenir propriétaire!!
Notre demande d'un appartement plus grand auprès de notre organisme HLM n'aboutissait pas et nous ne savions pas quand un nouvel appartement nous serait proposé.
La maison de nos rêves ne tarda pas. Après seulement quelques jours de recherche, je tombais amoureuse d'une maison mitoyenne de 120 m2 avec 3 chambres, une grande salle de bain et un petit jardin...
Elle rentrait juste dans le budget que l'on s'était définit! Mon mari tomba également sous le charme.
Quelques jours après, le compromis de vente était signé. La remise des clefs aurait lieu avant le 30 septembre 2005... Bien sur cela tombait dans les derniers jours de ma grossesse puisque le terme était prévu au 27 du même mois.
Mais nous ne connaissions pas la date exacte de la signature... ni de la naissance d'ailleurs! Alors il fallait attendre.
Au mois d'août, les cartons étaient faits. Début septembre, la date de signature fut fixée au 23 septembre à 14h30.
He oui, mon mari est aller signer seul... A cette heure ci, je me trouvais en salle de naissance depuis le matin 9h. Prévoyant, nous étions aller signer une procuration quelques jours auparavant: ma signature n'était plus nécessaire le jour J, ce papier faisant office d'accord.
Il dû donc partir, la peur au ventre, expliquer la situation au notaire. Conciliant, celui-ci lui fit signer une procuration afin qu'il puisse revenir au plus vite auprès de moi: "Votre place n'est pas ici..."
Revenu à 15h30 auprès de moi, nous étions propriétaires...
Cette maison était déjà investie de la présence de Batiste. Je le voyais dans la petite chambre que nous lui avions réservée au premier étage. Quelques années plus tard, gambadant dans le petit terrain, riant aux éclats ou pataugeant dans une des ces petites piscines gonflables pour enfant...
Tous ces rêves piétinés, anéantis, mis au placard pour toujours...
Car, sur le coup, l'avenir s'évapore... L'avenir c'était cet enfant, cette vie à trois. Cet enfant perdu, c'est votre avenir, votre vie toute entière qui s'en va avec lui...
En une fraction de seconde votre vie n'a plus de sens, plus de but. Vous errez sans raison de vivre. Vous n'existez plus. Vous respirez encore, mais vous êtes comme morts.
Le jeudi je quittais l'appartement le sourire aux lèvres, mon bébé gigotant dans mon ventre.
Lundi je dû sortir de la maternité et passer le seuil de cette maison sans lui. Je m'étais imaginée passer le pas de la porte, radieuse et comblée, mon fils dans les bras.
Mais ce premier pas je le fis en pleurs, éffondrée de me retrouver dans cette maison sans Batiste.