De l'aide!
C'était évident, j'avais, nous avions besoin d'aide.
Après la naissance de Batiste, la maternité nous avait proposé un rendez vous avec la psychologue du service. La première entrevue avait eu lieu dans ma chambre le matin de mon départ. La psychologue nous avait alors proposé un rendez vous dans une semaine afin de pouvoir avoir un peu de recul sur la situation. Elle avait bien perçu l'état de choc dans lequel nous étions et se doutait que les jours qui allaient venir allaient être les pires qu'ils n ous auraient été de vivre... Elle ne se trompait pas.
Ce second entretien fut cinglant. Nous commencions tout juste à livrer l'état de détresse absolue dans lequel nous étions. Je lui avait parler de ma tristesse infinie lorsque chaque matin je me réveillais, réalisant que mon fils ne pleurait pas, qu'il n'avait pas besoin de moi, qu'il était définitivement partit loin de moi... J'avais verser quelques larmes... Et voilà que l'entretien était finit! Elle l'avait décider, balayant d'un revers de la main nos questions, notre douleur...
Il nous a alors sembler évident que la gratuité du service n'encourageait pas cette "professionnelle" à prolonger l'entrevue. Bien sur, par politesse, elle laissait la porte de son bureau ouverte, si nous souhaitions la rencontrer de nouveau...
Nous n'y sommes jamais retournés.
Pour autant, nous avions besoin de quelqu'un. Difficile de se l'avouer, de se dire "On ne s'en sortira pas tous seuls"... La démarche en elle même fut donc la plus dure: demander de l'aide, du soutien, c'est s'avouer que quelque chose ne va pas bien, qu'on n'y arrive pas tout seuls. Il faut accepter ses faiblesses, ses failles, se résoudre à parler de soi sans retenue...
Appeler, décrocher le téléphone. Entendre sonner. Attendre la réponse sans raccrocher avant. Prendre un rendez vous. Se sentir soulager: le plus dur est fait.
Nous y sommes d'abord aller à deux durant trois mois.D'abord tous les quinze jours, puis tous les mois. Je m'y suis ensuite rendue seule(mon mari n'en ressentant plus le besoin) encore trois fois.
J'y ai fait une rencontre, une vraie. Une femme avenante, chaleureuse, accueillante, très aidante qui m'a permis, de nombreuses fois, de pouvoir mettre des mots sur des émotions afin de mieux les vivre. Elle m'a souvent donner des "trucs", des "pistes" afin de mieux vivre mon deuil. Elle m'a encourager lorsque je me suis tournée vers l'homéopathie, l'osthéopathie et à approuver mes recherches en psychogénéalogie. Elle a su mettre en avant mes ressources personnelles, mes atouts, regonflant ma confiance en moi si déficitaire depuis le départ de mon fils...
Petit à petit, je me remettais sur pieds. Je franchissais les étapes l'une après l'autre: le retour de couches, le besoin de séparation, l'enterrement, les fêtes de Noël, l'attente d'une seconde grossesse, la reprise du travail... Elle fut la spectatrice privilégiée de ma remise sur pieds.
Un jour de mars, je décidais que c'était notre dernière rencontre. Je n'avais plus besoin d'aide extérieure. En tous cas, plus pour le moment. J'avais retrouver un équilibre. Certes ce n'était plus l'équilibre d'avant la perte de mon fils, mais j'étais en bonne voie: je commencais à envisager ma vie actuelle sans bébé et à me sentir bien malgré tout. Je commencais à revivre...
Une semaine après notre dernière entrevue, je tombais enceinte.
