Episiotomie: gênant plus que douloureux?
De retour de la maternité, l'épisiotomie, jusque là "endormie", décida de s'exprimer... Les antalgiques étaient toujours les mêmes et pourtant...la douleur réaparaissait.
La région, jusque là comme anesthésiée, devenait douleur.
Je crois aujourd'hui que l'état de choc extrême commencait à s'atténuer: la réalité me sautait au visage... Pour en rajouter, l'épisiotomie me rappelait la douloureuse réalité: j'avais accoucher d'un bébé il y a quelques jours et il n'était plus là.... La déchirure me rappelait son passage qui, physiquement, ne m'avait pourtant pas fait souffrir.
J'en suis convaincue aujourd'hui: Batiste aurait été en vie, j'aurais pu supporter la douleur. Certes, j'aurais eu mal, mais n'étant pas douillette à l'accoutumée, j'aurais su gérer malgré tout.
Là je me retrouvais prostrée sur mon canapé, entourée de cartons et de gens qui s'agitaient autour de moi. Ces "gens" se sont mes proches: ils repassent, déballent, montent, accrochent... Et moi je fixais la télévision de longues heures durant, sans pour autant la regarder réellement.
Que se passait-il dans ma tête? Je ne sais plus. Je ne saurais pas décrire. Le bout de la souffrance peut être? Sans doute... L'incapacité à organiser ses pensées, l'envahissement du psychisme, la douleur, l'état de sidération...
Ma journée était rythmée par mes allées et venues à la salle de bain. Les saignements bien que peu abondants, exigeaient des changements réguliers de serviettes hygiéniques. J'en profitais pour passer sous la douche afin d'arroser d'eau froide la cicatrice.
L'eau anesthésiait temporairement mon épisiotomie. Des glaçons renouvelés frequemment au cours de la journée me permettait d' "oublier" un peu la zone endolorie. La "chaussette" était régulièrement changée par mon homme. On arrivait parfois à en rire de cette vieille chaussette dans laquelle on glissait une pochette de glaçons... Elle pandouillait sous le poids comme un viel élastique!
Sortie le lundi, nous arrivions au mercredi et la cicatrice commencait à s'apaiser. Le répit fut de courte durée. Le soir venant, la douleur devenait de nouveau très vive.
Je me retrouvais sous la douche, le jet d'eau froide entre les jambes, pleurant, souffrant de la trace du passage de mon fils... Trace physique qui me devenait insupportable. Je voulais oublier, gommer, éffacer cette détresse engendrée par la naissance. Impossible. L'épisiotomie venait me le rappeler de façon cuisante. Mon homme et mes parents étaient là, impuissants devant ma détresse.
Le lendemain, j'ai eu toutes les peines du monde à me lever: le moindre mouvement de mes jambes m'arrachait un cri de douleur. A présent, le coup de téléphone à la chef de clinique pour prendre conseil n'était plus suffisant. J'avais reculer au maximum un retour à la maternité mais il le fallait bien à présent.
Me revoilà aux urgneces, une semaine après, jour pour jour, mais cette fois ci sans gros ventre... Ce retour fut pénible bien sur, mais la chef de clinique nous attendait.
Il s'agissait d'un point qui s'était resséré en cicatrisant: la peau, trop tendue, souffrait. Elle me fit "sauter" ce fameux point et le soulagement fut immédit.
Par la suite, je dû y retourner. Il y avait un léger écoulement du point enlevé quelques jours plus tôt. J'ai dû effectuer des soins à la bétadine durant un mois et demi. Mon mari dû observer, durant ce labse de temps, une position gynécologique, compresses et sérum à la main. Cette situation grotesque qui nous déclencha de nombreux fous rires...
Pour ce second retour à la maternité, j'ai cru ne pas pouvoir y arriver. Passer devant la salle de naissance m'était insupportable: je tombais en larmes quelques mètres après l'accueil. Je courais me réfugier dans la voiture m'éffondrer, avant de trouver enfin le courage d'y retourner.
Comme toujours, le personnel fut très humain et prévenant. Je trouvais écoute et attention.
Avant l'accouhement, l'épisiotomie éatit un geste qui m'angoissait, le seul que je craignais. J'ai toujours bien supporter piqûre et cathéter. Mais que l'on puisse couper un endroit aussi fragile et intime m'était difficile. J'avais peur de ne pas réussir à supporter la déchirure. Je craignais d'avoir mal.
J'ai eu mal. Mais je sais aujourd'hui que ce n'est rien, que ce geste permet, dans certains cas, de faciliter la naissance.
Et qu'il n'est sans doute rien à côté du bonheur de mettre au monde ses enfants...