Lettre à mon fils...

Publié le par Marielle

Samedi 24 septembre 2005

Mon bébé, je t'aime. Tu es né hier à 16h55. Nous étions le vendredi 23 septembre. Ton coeur s'est arrêté de battre quelque part entre 21h et 3h du matin.

Maman est fière de toi. tu es un beau bébé de 3kg950 pour 55 cm. Malgré tout, tu pesais 3kg600 à la naissance du fait de l'arrêt de ton petit coeur.

Tu es le plus beau mon coeur. Tu ressembles à ton papa: le nez, la bouche, la fossette de menton... Je t'aime. A cet instant, j'ai pu enfin mettre un visage sur tous ces coups de pieds que j'ai ressentit depuis mon quatrième mois de grossesse. Je t'aime, je t'aime...

J'ai vu tout le bonheur dans les yeux de ton papa. C'est lui qui t'a tenu le premier dans ses bras: je le voulais, moi je t'ai porter pendant 9 mois. Il a beaucoup pleurer en te voyant, mais c'était autre chose que de la tristesse: de la joie de t'avoir, de la fierté et de l'amour, de l'amour, tant d'amour... pour toi et ta maman.

Il est devenu papa grâce à toi et tu as fait son bonheur durant ces quelques instant à trois. Enfin trois! Et on le restera car tu es dans nos coeurs et tu n'en bougera pas.

Tu aura des frères et soeurs. Vite, très vite, dès que nous nous sentirons prêts. Je souhaite attendre ton frère ou ta soeur avec la même joie que j'ai eu en t'attendant.

Quel bonheur tu m'as donner. Tu as comblé mon désir de grossesse, même si la vie ne t'a pas donné le temps de combler mon désir de maternité. Tant pis je suis devenue maman grâce à toi. Tu m'as fait Maman. Tu as fait de l'homme que j'aime un papa. Grâce à toi je lui ai donner un fils, un garçon, un petit bonhomme, un amour...

Tu as plein de cheveux tous blonds comme ton papa à la naissance. Nous sommes certains que tu aurait eu un caractère d'ange. Tu ne m'as pas embêter de toute ma grossesse: pas de nausées, pas une vergeture...

Valérie D. t'as fait naître. J'était également entourée d'autres sage femmes dont la personne qui avait fait l'échographie à notre arrivée à la maternité. J'ai souffert un minimum grâce aux soins de l'équipe soignante.

Je t'ai fait naître. C'est moi qui t'ai poussé vers la sortie malgré la peur, l'angoisse liée à la naissance elle même. Personne ne t'a sortit de mon ventre: c'est moi qui t'ai donner la vie. J'ai tout ressentit et j'en suis heureuse: ta tête, tes épaules et le reste de ton corps...

S'est suivi une impression de vide immense dans mon corps, mon ventre... J'ai donner la vie mais tu est déjà mort mon coeur. J'ai beaucoup pleurer avec ton papa. J'ai ressentit de la rage, de la colère envers le monde entier. Je me souviens avoir crier dans la salle de naissance. Ton papa était en pleurs aussi.

On est restés à deux quelques temps à te pleurer mon chéri, à se dire que l'on s'aimait très fort. Encore plus fort qu'au moment où tu as été désiré et conçu.

Puis on t'a amener à nous, habillé dans l'ensemble de naissance que j'avais prévu pour toi: il était bleu clair avec de petites inscriptions. Tu avais la grenouillère, la brassière et le petit bonnet. Tu étais joufflu, tout chaud, ta petit bouche était si belle, si bien dessinée. Ta peau était douce, si douce.

Notre bonheur est de t'avoir donner la vie, d'avoir pu te voir, te toucher... On aurait dit que tu dormais. J'ai cru un instant que tu allais ouvrir tes yeux.

Notre tristesse infinie est de ne pouvoir t'avoir à nous que quelques minutes, de ne pas avoir continuer l'aventure ensemble...

L'aventure n'a été que de 9 mois mais elle a été belle, remplie de rêves, d'envies, de joies, de désirs... de coups de blues et de peines aussi. C'est la vie!

Maman a eu parfois eu du mal à accepter de voir sa silhouette changée au tout début... Quant mon ventre s'est beaucoup vu, j'ai été heureuse, comblée par ta présence, par le bonheur de te sentir bouger...

Je me souviens c'était à la mi-mai, juste avant de savoir que tu étais un garçon. J'étais allongée sur le canapé du salon en milieu d'après midi. J'ai sentit un frémissement. J'ai poser ma main et tu as donner un coup....puis un deuxième. Là j'ai compris, c'était toi, toi mon coeur, mon amour, mon bébé. Toi qui me montrait enfin un signe de ta présence... Une chaleur infinie m'a envahit: quel bonheur j'ai ressentit. C'est indescriptible!

Mais hier j'ai enfin pu te tenir dans mes bras, te caresser...vérifier que tu étais parfait: tes petites mains, tes petites oreilles...magnifique de petitesse et de beaurté. Tes ongles étaient longs. Comme ton papa, ça pousse vite!

Maman est triste, tu sais, de t'avoir perdu. J'ai ton visage en permanence devant moi.  Ca me rassure d'avoir des photos de toi, car je sais qu'un jour l'image s'éffacera doucement. La douleur passera aussi mais je ne t'oublierais pas.

Quand je me sentirais prête à habiller mon deuxième bébé avec les vêtements que j'avais prévu pour toi, ce sera le moment!

Ce jour  là je penserais fort à toi mon coeur, mon premier bébé, mon fils, mon amour...

Ta maman qui t'aime

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Publié dans Le deuil de Batiste

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A
Ma chère Marielle,<br />  <br /> Je viens de lire ta lettre à ton fils et les larmes ont coulées . C’est la 1ère fois que je pleure sur ton blog car avant je me le refusais : c’est vous qui devez pleurer pas les autres ! et pourtant ce texte m’a ébranlé au plus profond de moi. Je venais de déposer mon bébé à la crèche et l’image de vous tenant votre nouveau né dans les bras pour quelques minutes mais surtout tout ton amour de maman exprimé dans ces phrases si douces malgré ta douleur m’a fait verser ces larmes. Oui c’est cela qui est extraordinaire : la douceur de tes textes, aussi purs que la peau de ton bébé malgré ton cœur déchiré et ton âme meurtrie. Là maintenant j’ai envie de tout casser pour vous pour que vous puissiez tenir votre petit être à bout de bras et le faire rire. Et puis il y a le texte du rosier qui grandit qui va faire de magnifiques fleurs : et la réalité est là dans toute sa cruauté certes mais surtout avec tout l’espoir de la vie qui continue. <br /> Ta blessure guérit Marielle, cela se lit, cela s’entend. Ce bébé est en train de devenir un doux souvenir, Batiste a fait de vous des parents, un Papa et une Maman et vous l’aimez comme votre premier.<br />  <br /> Je ne sais pas ce que pensent tes proches et tes amis de ton blog mais j’espère une chose : qu’il leur permette de comprendre qu’ils ne doivent pas faire semblant d’oublier ce qui vous est arrivé, de le minimiser quand vous aurez d’autres enfants. La mort d’un bébé à la naissance est aussi cruel que la mort d’un enfant qui a vécu. Le déchirement ne peut pas se mesurer à l’âge de l’enfant : c’est ridicule ! on souffrirait plus de la perte d’un enfant de 10 ans que de la perte d’un enfant de 2 ans ou de la perte d’un nourrisson ? dans tous les cas " ça prend aux tripes " ! alors j’espère que les gens qui vous entourent respecteront votre deuil et votre peine dans 10, 20, 30 ans. La peine n’est pas la négation de l’avenir, de l’espoir ou du bonheur, la peine ne vous empêchera pas d’élever dans les rires et la joie d’autres bambins, la peine est en vous mais ne vous rongera pas. <br />  <br /> Marielle tu utilises le temps avant un autre bébé pour faire ton deuil correctement et durablement : tu as peur d’une deuxième grossesse certes, mais vu de l’extérieur on ressent une sérénité et un apaisement qui n’est pas feint : l’amour de l’être perdu entre en toi petit à petit Marielle, continue…..
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D
J'ai lu et relu ton histoire... c'est émouvant, à chacun de tes mots, on peut y vivre et ressentir tes émotions, du chagrin mais aussi une plénitude.... Tu laises partir ton fils avec le sourire (pour le bonheur d'avoir mis au monde un petit être si beau) et une larme (pour tout le bonheur qu'il vivra, sans vous, là haut), la première preuve d'amour d'une mère à son enfant.... <br /> Mille pensées à tous les 3.<br /> Djou<br />  
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D
Je voulais te féliciter pour ton blog mais aussi pour ton courage et ton combat... Tu es un bon brin de femme ! Un exemple pour toutes....  Bisous et continue sur cette voie....<br /> Djou
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