La paternité oubliée

Publié le par Marielle

Mon congé maternité était maintenu. J'avais le droit au repos. On reconnaissait ma grossesse et mon accouchement. Mon bébé avait bien été porté pendant neuf mois et j'avais le droit de m'octroyer une parenthèse dans ma vie professionnelle.

Certes, ce temps n'allait pas être consacré à l'allaitement et aux soins de mon fils mais à son deuil. Néanmoins, il sonnait comme une reconnaissance de ma douleur légitime.

C'est en grande partie pour cela que j'ai aussi mal accepter que mon mari n'ai droit à Rien...

Un beau matin, un e-mail de son supérieur l'informait que vu la situation, aussi dramatique soit-elle, il n'avait plus droit au congé paternité... La nouvelle fut l'effet d'un couperet... Pas de congé paternité, cela veut dire pas de paternité reconnue? Comment est-ce possible?

En plus d'avoir donner naissance à un enfant non né, celui-ci n'avait pas de père... Décidément... L'absurde prenait une nouvelle dimension.

Quelques temps plus tard, renseignements pris, je découvrit que mon mari était mentionner sur l'acte d'enfant sans vie uniquement en tant qu'époux. Il n'était pas reconnu comme étant le papa de Batiste.

Lorsque l'enfant naît sans vie, la filiation n'est pas officiellement établit. Pour qu'il y ait filiation, il faut un acte de naissance. Sans cet acte, il n'y a pas de paternité et donc pas de congé du même nom. De même, les jours "naissance" n'étaient pas accordés vu qu'il n'y avait pas d'acte. Mon mari n'a eu droit qu'à trois jours de congé légal pour "décès d'un enfant"...

Bien heureusement, son employeur fut clément et l'encouragea à poursuivre ses congés.

Par la suite, nous nous sommes rendus chez notre médecin. Une fois la situation expliquée et un rapide examen, il accorda un arrêt de 15 jous, nous encourageant à revenir si nécessaire. Il ne marqua pas de motif particulier, nous expliquant qu'ilm saurait quoi dire si la sécurité sociale le questionnait...

Quelques jours plus tard, nous recevions une convocation pour cet arrêt maladie. Il nous fallait une fois de plus nous justifier, expliquer la situation, parler de la souffrance... Le rendez vous fut expéditif. La raison de l'arrêt expliqué, les médecin nous congédia nous encourageant, à son tour, à prolonger si nécessaire.

Le contrôle faisait partie d'une vague systématique et mon mari en faisait partie. Pure coïncidence.

 

Mon mari resta donc cinq semaines auprès de moi après l'accouchement. Cinq semaines durant lesquelles nous avons beaucoup dormi, beaucoup pleurer aussi: le deuil nous prenait toute notre énergie. Il fallait tenter de nous concentrer sur autre chose et l'aménagement de la maison fut salvateur.

Mais il a bien fallu qu'il retourne travailler. Il était temps de reprendre peu à peu le cours de la vie "normale". Début novembre, je me retrouvais seule: je ne devais reprendre que le 15 janvier. Une étape difficile, comme toutes les autres, mais nécessaire.

Les premiers jours furent douloureux, mais le cap franchit, je me sentis mieux.

La vie reprenait doucement son cours...

Pour en savoir plus en terme de loi: circulaire du 30/11/01

http://www.sante.gouv.fr/adm/dagpb/bo/2001/01-50/a0503302.htm

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Publié dans Le deuil de Batiste

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