Lui dire au revoir...
Nous sommes le mardi 27 septembre, la date prévue de mon accouchement. Le réveil fut difficile, la nuit courte. L'angoisse d'appeler les Pompes Funèbres monte mais il faut le faire...
En début d'après midi, mom mari prend son courage à deux mains et appelle. Les paroles sont réfléchies, le prénom Batiste difficile à prononcer... Il a du mal à concevoir qu'il fait les démarches pour incinérer son fils, la chair de sa chair... Moi aussi. Nous pleurons tous les deux. Nos parents également... Tant de souffrances...
Malgré tout le pas est fait, on se sent quand même un peu mieux. On a décider de l'accompagner jusqu'au bout notre petit bébé... Ce n'est pas concevable autrement.
Les Pompes Funèbres nous avait demander si nous souhaitions assister à la crémation. Au début je ne savais pas... J'étais si mal. Mais je n'aurais pas supportée de le laisser partir seul, mon bébé, alors oui je veux venir. Même s'il n'y a pas de cérémonie (Que dire? à part pleurer), je veux être là jusqu'aus derniers instants. Je ne veux pas l'abandonner.
Mon mari a choisit une belle urne en étain. Je ne pouvais me rendre aux Pompes Funèbres du fait de l'épisiotomie. Notre Au revoir aura lieu le samedi 1er octobre à 10h00.
Nous sommes le premier jour d'octobre. La veille, la journée fut difficile. J'ai eu beaucoup de mal à relever la tête. Je me demandais "Pourquoi moi? Pourquoi nous?". Mais cela ne sert à rien, je n'aurais jamais la réponse. Je pensais au bonheur dans lequel je nageais une semaine auparavant en rentrant à la maternité main dans la main avec le futur papa...
Comment peux-t-on basculer du bonheur immense de donner la vie à la détresse infinie de perdre un enfant? C'est sans doute la vie tout simplement. On oublie souvent que la mort fait partie intégrante de la vie.
Cette idée est insécurisante, mais je veux restée confiante en l'avenir. La vie reprend toujours le dessus. Elle est toujours la plus forte. Nous n'avons pas envie de nous enfermer dans la souffrance, de nous y complaire. Au contraire, nous voulons la transcender, qu'elle nous rende plus forts, plus altruistes et plus confiants en l'avenir qu'auparavant. Tout cet amour que nous avions pour Batiste, que nous voulions lui donner et qu'il nous a rendu, nous voulons nous le donner mutuellement, ainsi qu'aux autres et à ses frères et soeurs à venir.
Batiste a été incinéré aux alentours de 10h ce matin là. Nous étions entourés de quelques proches. Son petit cercueil étais recouvert d'un linge blanc. Le bouquet de fleurs blanches amené par ma belle mère y était posé.
A côté de Batiste, invisible, la petite peluche que j'avais enmener à la maternité pour la mettre dans le berceau. Il n'était pas tout seul. Nous avons pleurer en voyant ce si petit cercueil au milieu de la grande pièce: on réalisait une fois de plus ce qui nous arrivait. Notre fils était mort. On a touché le petit cercueil ensemble main dans la main et on lui a dit au revoir...
Dehors, il faisait beau: le soleil brillait sur les jardins et la baie vitrée du salon funéraire. Une sensation de calme, d'apaisement... Un beau jour.
Nous avons ensuite récupérer l'urne avec les cendres de notre petit bout dans une housse bleu nuit. Je l'ai pris avec bonheur. Enfin, il était à moi mon petit chéri.
Je l'ai serré contre mon ventre tout le long du trajet de retour, mon trésor...
J'étais heureuse, je le ramenais quand même à la maison avec nous. Enfin...