Parce qu'il faut bien les rendre...
Durant toute ma grossesse, et ce dès le troisième mois, j'avais pris beaucoup de plaisir à feuilleter les magazines de puériculture en tentant de trouver "la" table à langer idéale, "la"poussette qui allait convenir à notre vie citadine... Je rêvais sur la layette, les petits chaussons, les minuscules bonnets...
Au cours des mois, j'avais vite accumuler les dors bien de toutes les couleurs, de tous les motifs, les brassières, les chaussons... Durant le 9eme mois j'avais investit des petites tenues 6 mois très "garçon": salopette, petit sweat et petites baskets...Il allait grandir vite notre tout petit, il fallait prévoir un peu...
Tout l'équipement avait été emballée dans des cartons pour faciliter le déménagement.
Après le séjour à la maternité, tout le matériel avait été stocker dans la pièce qui aurait dû être sa chambre: la table à langer, le linge, les jouets, le tapis d'activité, la poussette... La chambre complète nous attendait encore au magasin...
Mais voilà sans bébé, tout cela n'avait plus lieu d'être. Batiste ne rentrerait jamais dans ce petit dors bien, il ne prendra jamais son bain dans la petite baignoire, il ne se proménera jamais dans la poussette... Il ne prendra jamais mon sein et par conséquent le tire-lait me sera inutile.
Nous avons donc décider de garder la plupart du "petit" matériel. Un petit réduit nous a permis de tout stocker en attendant des jours meilleurs.
La poussette était encore dans les cartons. Nous ne pouvions pas la garder: trop encombrante, nous ne savions pas dans combien de temps nous en aurions de nouveau besoin... De plus elle était trop "imprégnée" par Batiste dans notre imaginaire...
Le magasin a bien accepter de la reprendre.
Affaire familiale belge, nous avions toujours eu affaire à monsieur. Là ce fut madame, après un coup de fil expliquant la situation, qui nous accueilla au magasin en lançant à son fils sans même un bonjour "Va avec eux. Le bébé est mort, il faut que tu vérifies s'ils ne s'en sont pas servis".
Le magasin était remplit de femmes enceintes le sourire gaga aux lèvres, et de jeunes parents: je crois qu'ils ont tous entendus. Dans un état second je n'ai pas prêter attention aux regards. Tout ce que je voulais c'était partir vite, au plus vite...
Quelques minutes après nous avions récupérer les quelques 650 euros, soulagés d'avoir passer le cap de la poussette. Le monsieur s'était excusé, penaud, de devoir vérifer...
Il nous restait la chambre.
Moyennant un accompte de 300 euros, elle nous attendait sagement. Equipés d'une copie d'acte d'enfant sans vie, nous avons expliquer la situation aux deux vendeuses bouleversées. Enfin un peu d'humanité! Elles avaient déjà eu affaire à une maman qui avait perdu son bébé et trouvaient lasituation terrible à vivre... Elles nous souhaitaient le meilleur pour la suite.
Voilà! Cette chambre que nous avions si bien choisie ne nous appartenait plus.
Parfois, en passant près du réduit et de sa petite porte je me dis que mon passé et mon avenir sont cachés là derrière.
Le passé car toutes ces affaire étaient prévues pour Batiste, et l'avenir, car un jour prochain, toutes ces caisses verront à nouveau la lumière du jour...