Une étoile est née...
Quelques minutes après que la sage femme m'annonce que je suis à 9 cm, je ressens cette irrépréssible envie de pousser dont j'avais tant entendu parler. Cette fois ci on y est...
Je suis alors prise de panique. Je crie au papa d'appeler la sage femme: le bébé veut sortir... En effet, la sage femme, l'aide soignante et la gynécologue qui m'avait fait l'échographie à mon arrivée s'habillent. Le moment est venu.
Le moment de se séparer de mon petit bout, ce petit être qui avait grandit en moi pendant ces neuf derniers mois de ma vie. Ce moment de la naissance je l'avais souvent rêvé, imaginé, souhaité, idéalisé...
Aujourd'hui je voulais que "ça s'arrête" et en même temps je voulais le garder encore un peu avec moi. Je savais bien qu'au moment où il serait sortit de moi, au moment où nous serons deux, tout serait finit. Je devrais m'en séparer pour toujours... Tant qu'il était dans mon ventre, je l'avais encore à moi...
La séparation de nos deux corps était imminente. Contrairement aux autres mamans, je ne pourrais pas retrouver mon bébé en dehors de moi. J'allais devoir lui dire adieu.
Le moment de pousser était venu. Mes poussées ont été éfficaces. Aidée d'une épisiotomie, l'expulsion dura 20 minutes. Je me suis bien découragée à un moment: je ne voulais plus pousser, je voulais garder mon fils... Mais il le fallait bien.
J'ai tout sentit: les contractions (sans la douleur) et la tête de mon bébé qui sortait peu à peu. Puis le corps et les petits pieds enfin. Une étoile était née...
Je pleurais déjà. Il était partit mon fils. Mais ce fut tout de même un vrai bonheur de l'avoir sentit, de l'avoir fait naître malgré tout. Personne ne me l'a "pris": c'est moi même qui ai accepter de m'en séparer pour toujours.
C'était finit. Il ne me restait plus que mon ventre vide et flasque... C'est la première chose que j'ai toucher: mon ventre. J'avais si mal...
Nous avions parler de la présentation du bébé avec la sage femme. Je ne voulais pas l'avoir sur le ventre à la naissance. Moi qui avait auparavant tant désiré ce moment, je n'en voulais plus. C'était au dessus de mes forces.
Parfois je le regrette: j'aurais voulu le voir nu tout entier. Mais quand je pense à mon état psychologique du moment, je me dis que j'ai fait ce que mes forces me permettaient sur l'instant.
Le désespoir est arrivé... La sage femme l'avait enmener dans la salle d'à côté en silence, sans un bruit, sans un cri... J'ai crier, insulter la terre entière. J'étais révoltée, indignée, j'avais envie de frapper... Mon homme me disait qu'il m'aimait, que j'avais été courageuse. Des pleurs, des pleurs et encore des pleurs. La vie n'était plus que pleurs....
La sage femme a recousu mon épisiotomie. J'étais si mal. J'ai pleurer tout le long malgré la péridurale, mais je souffrais. Pas physiquement, non, mais dans mon âme, au plus profond de moi même. Cette déchirure physique n'était rien à côté de ma blessure psychique si intense.
La souffrance, la souffrance pure, celle de perdre un enfant, celle qu'on ne peut pas imaginer.