En route pour la salle de "naissance"...
Il est 9h00 lorsque la chef de clinique entre dans ma chambre. Les contractions qui avaient céssées depuis l'annonce du décès ont repris depuis 7h00 et elles sont très douloureuses. Le chagrin me fait les supporter encore moins. Malgré cela, mon col n'a presque pas bouger...
Les soignants prennent en compte mes souhaits et ma douleur. Je descends en salle de naissance.
J'y suis. Je ne l'avais pas imaginer comme ca: une grande table noire sans étriers apparents, une lumière de bloc, du matériel médical...et une porte qui, je suppose, donne sur la salle de soins aux nourissons.
Je passe du lit à la table mécaniquement. On me branche des perfusions dont l'ocytocyne, hormone qui va pemettre aux contractions d'être intenses et régulières. La péridurale est faite aussi tout de suite. L'anesthésie agit tout de suite mais d'un seul côté. On m'injecte finalement un produit plus puissant pour répartir l'anesthésiant. Ca marche. Je ne sens plus les contractions.
Je regarde le monitoring où seul le rythme des contractions apparaît. C'est si triste... Encore une chose qui me fait réaliser... C'est si dur!
Rapidement, je suis dilatée à 3 cm. Les heures passent et mon homme reste près de moi. La dilatation se fait. Il part régulièrement pour passer des coups de téléphone avec à chaque fois la même voix excitée au bout du fil "Ca y est?" et toujours expliquer encore et encore ce qui est en train de se passer.
Pendant ces moments où je restais seule, je me souviens avoir eu des moments de sérénité. Je regardais cette salle: il y avait une ouverture au plafond qui laissait passer la lumière extérieure. C'était encore une belle journée.
J'arrivais à m'assoupir, à me laisser aller au sommeil. L'épuisement sans doute... Libérée de la douleur, mon corps se laissait aller.
Pendant ce temps là la dilation s'accélérait... 5 puis 7 cm. La naissance était imminente lorsque la sage femme m'annonca que j'étais à 9cm...