Mon chéri, ton fils est partit...

Publié le par Marielle

Je ne me rappelle plus de la demi heure qui a dû passer avant que mon homme n'arrive... Tout ce que je sais c'est que je ne suis pas restée seule...

Je n'ai pas pu pleurer. La seule chose qui me préoccupais c'était mon mari, sa réaction, son désarroi devant la nouvelle...

La porte de ma chambre était restée ouverte. Le personnel soignant allait et venait. L'interne m'avait rassurée: on guettait son arrivée à la porte des urgences.

Il est apparu mon homme, l'air angoissé, interrogatif. J'apprendrais plus tard ce que l'interne lui avait dit au téléphone: "Il faut que vous veniez. Votre femme va bien mais il y a un problème avec le bébé. Prenez le temps de manger et venez tranquillement. Inutile de risquer un accident".

Il entre dans la chambre, regarde les visages qui se trouvent devant lui. Il s'approche de moi, je lui demande de s'assoir. Je me rapproche de lui: "Mon chéri, le coeur ne bat plus..." Tout comme moi il n'a pu sortir que le mot "Non"... Mes larmes viennent enfin. Il pleure, je pleure... Nous pleurons dans les bras l'un de l'autre, avec entre nous, notre petit bébé encore au chaud dans mon ventre. Nous pleurons sa perte alors qu'il n'est même pas encore né...

Il me dit qu'il m'aime, en pleurant, me sert très fort... Le personnel soigant s'est éclipser, à fermer la porte pour nous laisser seuls.

Je ne me rappelle plus vraiment ce que nous nous sommes dits tous les deux... Que l'on s'aimaient c'est sûr... Que sa perte ne nous sépareraient pas... Nous allions faire face à ce que la vie nous avait réservée... Comment faire autrement?

Un petit moment après, le personnel soignant est réapparu. Ils ont amener un lit d'appoint. La chef de clinique, une jeune femme brune très douce, est venue pour me dire qu'on allait me donner un tranquilisant pour que je puisse me reposer. Ils allaient déclencher la naissance à 9h si rien ne se passait. Depuis l'annonce, les contractions avaient céssées.

J'ai lutter contre le sommeil. M'endormir aurait été la pire des choses pour moi: j'avais trop peur de mon réveil.. Dans quel état aurais-je été?

Cinq heures se sont passée. Nous sommes restés côte à côte à te pleurer mon bébé. Toi notre petit garçon si désiré, conçu dans l'amour et dans l'espoir de fonder une famille, notre famille.

J'ai appeler mes parents qui habitent à 800 km de là. Mon père a répondu, la voix tout excitée: "Papa, j'ai une mauvaise nouvelle... Le coeur du bébé s'est arrêté.". J'entends encore la voix perdue "Quoi, mais...non..."et moi qui répète presque violemment "Le coeur s'est arrêté!"... La voix vascille: je demande à mon père de ne pas pleurer. Pourquoi? Ma souffrance était si intense que je ne pouvais supporter celle des autres...si justifiée soit-elle.

Oui j'allais accoucher par voie basse. La plupart des gens l'ignorent, mais l'accouchement d'un bébé mort est identique à celui d'un bébé vivant. En quoi serait-ce différent? A ce "détail" près que le bébé ne bouge plus...

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chère marielle je suis isabelle, j'ai 32ans et j'habite en  normandie! nous ne nous connaissons pas mais le hasard m'a conduite jusqu'à toi depuis le site de famili... je voulais juste te dire que comme dady et maddy j'ai été plus que touchée par tes mots, tout ce que tu écris si sobrement et avec autant d'amour! tu m'as faite pleurer tu as raison la vie est parfois si dure<br /> je voulais te faire toutes mes amitiés et te donner un peu d'amitié<br /> je t'embrasse fort ainsi que ta petite maelle<br /> bisous et une pensée affectueuse au petit ange batiste
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A
Je suis triste pour toi. La grossesse est tellement un moment de joie, enfin, normalement.Pour le moment , je n'ai diagnostiqué qu'une seule fois une mort in utérine et j'espère que ce sera la seule. J'avais posé mes mains sur le ventre de la maman et j'ai tout de suite senti un "vide" énorme. Et je n'ai pas pu retenir mes larmes quand on a vérifié à l'échographie.
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M
BonjourJe viens de lire ces lignes.... Et tout comme dady, je n'ai pu contenir mes larmes, je te demande pardon.Mais je me rappelle la grossesse que vous avons vécu ensemble, ainsi que la si grande attente de l'accouchement... Et te lisant, je m'imagine à ta place, et je souffre tellement!Comment as-tu trouvé le courage de revivre ces douloureux instants....J'ai beaucoup de respect pour toi, de voir que tu ne te laisses pas abattre et que tu continues à croire en la vie!Je t'envoie d'énormes bisoussssss (gardes-en quelques-un pour Arnaud ;) )Et bisousssss à toi bel Ange!!!!Sylvie
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M
Merci Dady, ta maman a raison, la peur n'évite en rien le danger. Etre angoissée pour quelque chose ne nous met pas pour autant à l'abri.... A la fin de ma grossesse, je me sentais "invincible", rien ne pouvait m'arriver...<br /> Batiste m'a rappeller que rien n'est jamais acquis dans la vie. Il faut se battre tous les jours et profitez de chaque jour qui passe....
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D
Marielle, <br /> je viens de lire la suite de ton blog, et je dois dire qu'en général je n'ai pas la larme facile , mais là... <br /> Tu racontes tellement bien ce que tu as pu ressentir, qd je vois ton si grand malheur,  j'en arrive à culpabiliser pour le bonheur que j'ai avec ma fille.<br /> Je sais c'est ridicule de penser ça mais, c'est un sujet qui fait très peur, je me dis aussi que ma vie peut basculer du jour au lendemain.<br /> Mais, comme dit ma mère " la peur m'évite pas le danger !"<br /> Ce blog est magnifiquement raconté, continue Marielle !<br /> Une grosse pensée à ton ange, Batiste.<br /> Bisous.<br /> Dady.<br />  
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