Le réveil fut brutal
Samedi 24 septembre 2005... J'ouvre les yeux. Je suis toujours dans cette chambre d'hôpital au deuxième étage de la maternité (service Pathologie Maternelle et Foetale). Rien n'a changer depuis hier: mon bébé n'est toujours pas là... Je ne suis toujours pas dans le service des "Suites de couche"...
Là j'ai mal, là je commence à me rendre compte de ce qui m'arrive. Là je souffre en regardant le contenu de mon sac: de la layette et encore de la layette... Des affaires neuves, lavées, pliées et rangées avec soin en attendant de servir... Malheureusement elles ne serviront pas tout de suite... Serviront-elles un jour d'ailleurs?
Je souffre. Je veux me changer, mettre des vêtements propres, mais la plupart de mes pyjamas et de mes chemises de nuit sont des vêtements d'allaitement. Allaiter. J'avais désirer cet allaitement, lu des livres, pris soin de mes seins pendant ma grossesse, pour être "prête" et offrir le meilleur à mon bébé. Prolonger un peu la fusion de la grossesse à travers l'allaitement.
Mon homme en était ravi et tenait à m'apporter mon fils la nuit pour que je l'allaite. Il voulait participer aux soins de son fils, changer les couches... Un vrai papa poule!!! Et j'en étais ravie....
Aujourd'hui, mon ventre et mes bras vides, j'attendais d'avaler la fameuse pilule qui bloquerais la montée de lait... Le médecin arrive, me dit que tout le service est très touché. Une sage femme me tend un bout de tissu en s'excusant. C'est le petit sac qui contenait l'ensemble de naissance. Il reste les chaussons et les moufles qui n'avaient pas été mises à Batiste.
Mettre la télévision pour se "changer les idées" (est-ce possible?) et tomber sur les informations de 13h00. Entendre l'insoutenable: des parents mis en examen pour maltraitance sur leur fille de 6 mois. La petite a eu le crâne fracassé par son père. Elle gardera de graves séquelles. Sans doute finira-t-elle sa vie handicapée dans un des centres pour lesquels je travaille...
J'en pleure, la vie est si injuste... Donner des enfants à des gens qui les maltraitent et en retirer d'autres à des couples qui les désirent tant: où est la justice là dedans?
Oui le réveil fut brutal. La pression retombe. La réalité me saute au visage: il va falloir vivre avec...