Etat de choc
Notre fils est né sans vie à 16h55 le vendredi 23 septembre 2005.La fin de la vie de notre fils marqua le début de la souffrance.
La soirée qui suivit l'acocuchement fut belle: je crois que je ne réalisais pas encore ce qui venait de se passer. J'ai appeler mes parents. Nous avons passer la soirée à parler de notre fils, à nous dire qu'il était beau, si beau, que nous étions heureux de l'avoir connu.
Mon homme a dormi avec moi à la maternité. J'ai dormi d'un sommeil profond, même si l'épisiotomie se réveillait, en partie grâce aux sédatifs.
C'est avec le recul que je me rends compte de l'état de choc dans lequel je me trouvais. J'étais sidérée depuis l'annonce de sa mort. J'agissais mécaniquement, comme un robot... Mon instinct me guidait. C'est lui qui m'avait fait accoucher, lui qui m'avait fais prendre mon fils dans mes bras, lui qui m'avait permis d'aller chercher l'appareil photo... Lui et encore lui. Survivre, agir dans le bon sens...à tout prix.
Je ne maîtrisais pas grand chose de tout ca. Mon psychisme était submergé d'émotions intenses et contradictoires. Il lui fallait "digérer" tout ca. Pour cela il allait lui falloir du temps.
Le deuil, lui aussi, avait besoin de temps. La souffrance, elle, paraissait sans fin. C'était comme tomber dans un puis éternellement, n'en voir jamais le fond et ne plus pouvoir distinguer la petite lumière du jour tout là haut. A quoi se rattacher pour ne pas sombrer quand on a perdu ce qui était de plus cher? Votre chair et votre sang...